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2018-01-13T14:58:42+01:00

Le jour où je suis devenue un curly

Publié par Estelle Lang Trommenschlager

 

Chers lecteurs, chères lectrices.

Oui, je suis encore dans les parages. Non, je ne vous ai pas abandonné, et non, je n’ai pas renoncé à vous raconter la suite de mes aventures devant l’ampleur de la tâche. Mais entre le retour progressif à une vie presque normale si tant est que je sois mère au foyer, et les petits bobos souvenirs de tout ce que mon corps a dû subir ces derniers mois, je n’ai plus jamais trouvé le temps, le courage, la motivation, les mots… Alors j’ai plein d’articles entamés, et aujourd’hui, en voici un autre encore, mais celui-ci, je vais vous le boucler vite fait bien fait. Mea culpa : check ! Maintenant, retour aux choses sérieuses.

Vous connaissez les curly ? Vous savez ces petites cacahouètes soufflées qu’on sert à l’apéro ? Celles-là mêmes où quand on met la main une fois dans le paquet on en devient l’esclave jusqu’à ce qu’il soit vide. Celles qui craquent sous la dent, déversent une saveur de beurre de cacahouète que j’adore, mais sont tellement pleines de rien qu’on n’en a jamais assez. Bref. Les curly. Eh bien je vais vous raconter comment je suis devenue moi-même un curly.

Ces derniers mois, et plus encore ces dernières semaines, j’ai énormément souffert de maux de dos. Moi qui ne connaissais pas ce type de problème (je suis ultra jeune je vous rappelle !) me voici comme une mémé (ultra vieille et ex cascadeuse de profession), à me traîner lorsque je passe d’une position à une autre, à me tenir les lombaires quand je reste trop longtemps debout, à ne plus savoir tourner la tête tellement mes cervicales étaient bloquées, et surtout, à ne pas dormir. Déjà que mon sommeil est pour ainsi dire catastrophique depuis… je ne sais même plus… là, c’était… pire ! Qui dit douleur dit fatigue, qui dit fatigue dit baisse de moral, qui dit baisse de moral dit augmentation des angoisses, et réapparitions de « et si j’avais des métastases ? ». Alors je passais mon temps à me dire : «  tu n’as pas de métas, tes ganglions étaient sains, tu as eu de la chimio, les analyses sont bonnes, tes nichons ont été en intégralité examinés en anapath il y a un an, et même tes ovaires et tes trompes et il n’y avait rien. Là tu n’as plus RIEN pour faire une récidive, alors arrête de te prendre la tête »… et à me contredire : « oui mais j’ai un BRCA1. C’est quand même de la merde ce gène. Et si malgré tout un truc n’allait pas ? Quand la mort est à tes trousses tu peux retirer ce que tu veux, elle trouvera son chemin. En plus ma mission était de découvrir ce gène pour sauver quelqu’un de mon entourage. C’est fait maintenant alors je ne sers plus à rien ».

Je suis bien sûre allée chez le médecin après avoir déjà testé tous les antalgiques en ma possession c’est-à-dire pas grand-chose, mais qui n’ont absolument pas été efficaces, et surtout parce qu’entre-temps je m’étais blessée à la cheville en dansant et que si ça multipliait les douleurs, ça multipliait aussi les inquiétudes (ça y est, même ma cheville est touchée…) Mon médecin, c’est celui à qui je me suis adressée quand j’ai senti ma « boule » en 2015. Il est tellement formidable que j’ai toute confiance en lui. Il m’a prescrit des radios, une écho pour la cheville… Et en parallèle, mon super chir gynéco avec une cape mais pas de bottes ni de collants moulants, m’a contacté parce qu’il avait vu sur facebook que j’avais pas l’air en forme. C’est pas un super héros ça ? Je lui ai dit que j’étais terrifiée à l’idée d’une récidive, et que je ne dormais pas. Sa réponse ? « On fait une scintigraphie pour contrôler ».

Alors j’ai pris sagement mes médicaments bien plus forts et plus efficaces que m’a prescrit mon super-généraliste, et j’ai attendu sagement la date de ma scinti prescrite par mon super-chir-gynéco. Les nuits étaient partagées entre « pfff je dors pas j’ai trop mal » et les cauchemars sur les métastases qui envahissaient mon corps… Joyeux Noël Estelle !!!!!!!!! Et puis, comme j’avais vraiment de plus en plus de mal à bouger la tête, j’ai eu le droit d’aller chez Thomas, le super-kiné. Massages doux du dos en attendant la scinti qu’il a dit. Franchement, rien que ça, ça me faisait du bien. Ca ne durait pas mais sur le moment, j’avais un peu de répit. Et le temps a passé.

Le 27 décembre, c’était le jour de la scinti. J’avais envie de savoir, et j’avais mis en « veille » toutes mes pensées. Les optimistes comme les pessimistes. Comme ça, pas de montagnes russes dans les émotions lorsque tomberait le verdict. Je ne dis pas que ça a été facile, et heureusement que ma psy m’avait redonné de quoi me détendre un peu (légalement, bien entendu)! Mais on y est arrivé.

Je vous passe l’injection et les 3h d’attente avant le scanner en accéléré, aucun intérêt. Et puis le médecin qui me dit que les résultats arriveront sous quelques jours chez super chir-gynéco. Et ma négociation avec ledit médecin qui a fini par me promettre de me revoir après l’examen. On arrive donc directement à « tout va bien, pas de cancer sur vos os, pas de signe de récidive ». Soulagement intense… J’avais toujours mal, mais pour l’heure, un gros poids en moins sur les épaules.

A partir de là, Thomas-super-kiné et moi, on a fait crac-crac. Arrêtez, je ne parle pas de choses qui ne se font pas avec son thérapeute et encore moins quand on est marié et pas avec lui ! Non, il m’a fait craquer de partout. Il dit que « les femmes lui disent souvent cela », et je veux bien le croire. Le bassin, les vertèbres (bon sang je ne savais même pas que j’en avais autant !) des lombaires aux cervicales… chevilles, hanches… après j’en ai perdu mon vocabulaire médical. Et ça a commencé à me décoincer. A me soulager. A me permettre de retrouver un sommeil de meilleure qualité…

Avec les jours fériés, il y a eu un peu d’écart entre les séances, et c’est mon super-mari qui m’a secouée et j’ai eu l’impression de prendre 5 cm d’un coup. (Note pour lui-même : le collant moulant ne me fait pas rêver, ne t’embête pas avec ça)

Puis Thomas a repris le relai, et à chaque fois qu’il me manipule ça fait une espèce « scrountch » en série… comme quand on mange des curly… ou pire qu’on marche dessus.

C’est fou comme rien que ça, ça a amélioré ma vie. Bien moins de douleurs, bien meilleur sommeil, moral et énergie en phase ascendante exponentielle…

Je me suis demandé quand est ce que j’ai commencé à avoir vraiment mal, et je crois que réellement tout date de mon intervention de décembre 2016. En un an, tout ça a pris une ampleur certaine. Au début, j’étais groggy par les anesthésies. Puis douloureuse un peu partout à cause de l’intervention en elle-même. Et ça a commencé à aller mieux alors j’ai pris mon mal en patience. Enfin comme j’ai un seuil de tolérance à la douleur plutôt élevé, j’ai sorti ma carapace de super-tortue et j’ai continué à avancer… Jusqu’au jour où tout s’est mis à chavirer, et vous connaissez la suite.

Encore une fois, j’ai trouvé sur mon chemin des personnes humaines, à l’écoute, compétentes et bienveillantes. Encore une fois, je suis passée grâce à tous ceux qui ont été là pour m’éclairer, de l’ombre à la lumière. Encore une fois, des bas qui font que les hauts ressemblent vraiment au pays des bisounours et des licornes. Encore une fois, un entourage aimant, qui m’a donné la force de ne pas me laisser submerger par mes angoisses.

Bref, je suis devenue un curly. Et c’est vachement bien ! Merci Thomas !

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commentaires

Demesy Céline 21/01/2018 18:11

Bonsoir quel article tout simplement les frissons

Tortue 22/01/2018 01:41

Bonsoir et merci! Si vous ne m’avez jamais lus je vous conseil de prendre les articles dans l’ordre de mise en ligne ;) mais en tout cas merci :))

tatamf 13/01/2018 15:26

comme d'habitude, y a pas de mots !!!

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